Episode #1 Les maux du digital

Summer Digital Detox

En une dizaine d’années, le web, les réseaux sociaux et le smartphone ont bouleversé nos comportements. Relations humaines, temps libre et loisirs, pratiques professionnelles, accès à l’information, consommation : notre quotidien est désormais connecté. Si les avantages de ces avancées technologiques sont nombreux, un contre-mouvement émerge pourtant, prônant la déconnexion. Il montre du doigt ce que l’on met en jeu chaque jour devant nos écrans : notre bien-être, notre attention et nos véritables liens sociaux.

Avec la saga estivale « Summer Digital Detox » La Ligne M vous propose d’interroger notre lien au digital et d’explorer une tendance qui monte en puissance : la déconnexion. En guise d’introduction et pour mieux comprendre les enjeux de cette love story à double tranchant, voici un zoom sur 4 mots qui envahissent la toile et qui en disent long sur notre rapport actuel au web.

Hyper-connexion

Le web, partout, tout le temps. Tel pourrait être notre slogan générationnel. Cette frénésie digitale doit beaucoup à l’avènement du web social et du web mobile. En effet, 80% des internautes dans le monde sont actifs sur les réseaux sociaux et parmi eux 90% y accèdent depuis un mobile.

Selon l’étude Hootsuite et We Are Social sur les tendances du digital et des réseaux sociaux, publiée en janvier 2018, les usages des français vont dans le sens des tendances mondiales : le smartphone est privilégié pour accéder aux réseaux sociaux, aux jeux en ligne et pour visionner des vidéos. Les plateformes sociales ont le vent en poupe et attirent toujours plus de nouveaux utilisateurs. En France, c’est Youtube qui cavale en tête du classement !

En 2011, la sociologue Nicole Aubert définissait l’Hyperconnection comme le fait de « consacrer un temps excessif à internet par rapport aux autres activités ». Elle fixait alors la barre critique des 3h par jour dédiées au web. Aujourd’hui, au niveau mondial, nous passons en moyenne 6h par jour à utiliser des appareils connectés à internet, soit un tiers de notre temps éveillé ! Ce qui fait de nous euh… des ultra-hyperconnectés ?

Millenials

Ultra-connectés, portés sur l’économie collaborative, sensibles aux questions environnementales, diplômés du supérieur, les millenials sont nés après 1995 (ou après 2000 selon certaines définitions). Au delà de leur année de naissance, ils ont surtout en commun la maîtrise intuitive d’internet, qu’ils ont toujours connu.

Ces « digital natives » imaginent difficilement un monde sans web et sans écran. Ils acceptent très bien l’arrivée des intelligences artificielles dans leur quotidien, n’ont pas peur des avancées technologiques et partagent largement leurs expériences sur les réseaux sociaux.

Bien entendu, ce portrait est à relativiser car ce terme très en vogue recoupe des réalités bien différentes selon les classes sociales et le lieu de vie… Toutefois, la question reste entière : peut-on déconnecter un millenial ?

Summer digital detox

Influence

Avec le web à portée de main chaque jour, nous sommes tous sous influence. Ceux que l’on nomme communément les « influenceurs » sont ces bloggeurs, youtubeurs, instagrammeurs qui rassemblent de larges communautés de fans. En désignant ce qui est « cool », ils inventent les codes du web et construisent des modèles qui finissent par peser sur notre vie quotidienne. Les marques ont bien compris ce phénomène et proposent des partenariats à ces « community leaders » qui peuvent rapporter gros. Nous voilà donc sous l’influence de notre communauté, de son leader, mais aussi des marques qui achètent de l’audience. What else ?

A cela ajoutons les géants du web social qui font constamment évoluer leurs plateformes pour nous garder en ligne et actifs sur les réseaux. Nous sommes donc loin d’être libres de nos mouvements sur le web…

Une petite detox peut-être ?

Personal Datas

Nous livrons au web un grand nombre de données nous concernant. Cela va de notre nom, prénom, adresse, à des informations plus personnelles comme notre état de santé ou encore une orientation religieuse, politique ou sexuelle. Nous nous préoccupons rarement des données que nous diffusons ou auxquelles nous donnons accès, et bien souvent nous perdons le contrôle sur l’usage qui en est fait. Généralement utilisées pour cibler notre profil à des fins commerciales, elles peuvent aussi être à l’origine de discriminations.

Avec l’entrée en vigueur, le 25 mai dernier, du Règlement général sur la protection des données, le sujet est sous les feux de la rampe et tout le web se met à la page. Ce texte établi par l’Union Européenne oblige les marques à obtenir un consentement explicite de l’internaute avant le traitement de données personnelles et garantit un droit à l’oubli. Il concerne toutes les entreprises souhaitant exploiter des données européennes, ce qui signifie que les géants comme Facebook et Google ont également dû revoir leur copie.

Une prise de conscience collective sur l’importance de limiter l’accès à ces informations et de choisir personnellement l’exploitation qui en est faite semble grandir. Si un web sans data serait utopiste voire contre-productif sur certains aspects… un été sans donnée, c’est bénéfique et c’est possible !

A suivre dans les prochains épisodes de Summer Digital Detox : économie de l’attention, objets connectés de l’été (à fuir !), blog de voyage, conseils detox et paradoxes… A très vite 😉


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