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Spécial 2018 : la revue de presse du futur !

Spécial 2018 : la revue de presse du futur !

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A l’approche de la nouvelle année, La Ligne M plonge vers le futur à la recherche d’indices sur l’homme et la femme de demain. Quelles sont les technologies du futur ? A quoi aspirons-nous ? Quels seront les défis de notre société ? Réponses (ou pistes en tout cas…) dans ma toute première revue de presse, façon radio ! C’est à écouter ou à lire juste en dessous.

2017 touche à sa fin et mes magazines préférés ont depuis quelques semaines les yeux rivés sur 2018… et au delà ! Avec la nouvelle année qui arrive, une page se tourne et l’encre coule à flot pour tenter de dresser un portrait de l’humain de demain. Si l’on en croit la presse et le web, l’homme et la femme de 2018 et des années à venir seront avides de nouvelles expériences, ils seront toujours plus connectés, augmentés, scrutés et vivront avec des robots à l’intelligence presque angoissante. Surtout, ils devront bel et bien faire face au défi du changement climatique. Mais aussi high-tech et apocalyptique qu’il soit, notre futur est aussi emprunt de nostalgie et de « retour de hype ». Parce que la mode n’est qu’un éternel recommencement, ce qui était tendance hier, le redeviendra demain.

« Retour de hype »

C’est ce que nous confirme le numéro de décembre de Traveller, le magazine d’Easy Jet, avec son « abécédaire de la fête ». Dans « The new A to Z of partying », on découvre que l’Absinthe fait son grand retour en soirée, tout comme le bingo, le curling ou le karaoké. Émergent aussi ces mystérieux bars à cocktail planqués derrière de fausses devantures de commerces (laverie, mercerie..), comme au temps de la prohibition américaine. Nous qui n’avons pas eu à braver l’interdit pour boire un coup entre copains, voilà que nous prenons un malin plaisir à revivre cette expérience.

Expériences à gogo

Il nous faut donc tester, il nous faut ressentir, il nous faut découvrir. Il nous faut même accumuler les expériences. Toujours dans le Traveller Mag de décembre, on nous dévoile la « liste des 17 choses à faire ASAP » parmi lesquelles : déguster des chocolats divins à Porto ou plonger dans l’univers du collectif d’art allemand « Tape That » qui crée des œuvres avec un rouleau de scotch… Les bonnes résolutions pour 2018 ? Découvrir, ressentir, tester. L’expérience est au cœur de nos vies, de nos désirs… et de notre futur !

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Photo by 2Photo Pots on Unsplash

« Dans 10 ans, elle sera tellement intégrée à nos vies, que nous n’en parlerons même plus en tant que telle ». C’est la vision d’Estelle Metayer, qui dirige Competia, un cabinet conseil de competitive intelligence. Interrogée par Influencia sur les évolutions de l’expérience client dans les prochaines années, elle décrit des consommateurs en quête d’expériences uniques, de partage, de rapidité et de simplicité. Ainsi, les marques misent sur des dispositifs de réalité augmentée ou virtuelle pour renforcer l’expérience vécue par le client. Elles s’appuient aussi sur les « chatbots », ces fameux robots conversationnels permettant un dialogue en ligne personnalisé et sur la technologie « blockchain » qui tend à révolutionner les échanges entre pairs, en supprimant les intermédiaires.

Datas : le graal de demain

L’optimisation et la personnalisation de l’expérience client sont des enjeux majeurs pour les marques de demain. Grâce à l’analyse de données, le profil du consommateur de 2018 est de plus en plus précis et permet aux marques de répondre à ses attentes de la manière la plus juste. Détecter nos émotions et nos envies futures : un véritable rêve pour les marques et les entreprises que la technologie est en passe de réaliser.

Toujours dans Influencia, on découvre le lancement prochain (début 2018) de « Guess whaaat ». C’est une application qui permet de parier sur le dénouement de nos séries préférées. Là aussi, tout est une affaire de données : en « gamifiant » les hypothèses des « sériephiles », l’application récoltera et permettra de traiter de précieuses informations sur « ce que veulent » les fans. De quoi alimenter scénaristes, producteurs et distributeurs en idées garantes du succès des saisons à venir ! Ainsi l’homme du futur ne connaîtra sans doute plus la déception, car il sera à l’origine de ses propres expériences…

Les « platistes » ou la science en question

Un tel constat a de quoi donner le tournis ! Mais heureusement le Néon Mag de décembre-janvier est là pour nous remettre la tête sur les épaules. Dans ce numéro spécial 2018, qui sort d’ailleurs en réalité augmentée, on déniche un article qui a le mérite de remettre les choses à leur place : aujourd’hui dans le monde, il existe une petite communauté de personnes qui croit à la « théorie de la terre plate » et fait de plus en plus parler d’elle. Ces « platistes », convaincus que nous sommes victimes d’un complot séculaire, entendent bien faire la lumière sur la véritable forme de notre planète et ont tenu en novembre la première conférence internationale de la Flat Earth Society. Et oui, regarder vers le futur, c’est parfois faire de sacrés bons en arrière.

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Photo by John Salvino on Unsplash

Changement climatique : notre blocage psychologique

Pour ce qui est de la planète terre, qu’elle soit ronde ou plate, une chose est sûre, elle est dangereusement menacée par le changement climatique qui représente l’un des plus grands défis de notre futur, si ce n’est le principal. On le sait, on le lit, on le dit, et pourtant nos initiatives pour sauver le climat restent plutôt faibles. Alors pourquoi ne parvenons-nous pas à agir ? D’après le psychologue norvégien Per Espen Stoknes, c’est dans notre cerveau que tout se joue. C’est à lire dans Usbek et Rica et c’est passionnant ! Selon lui, nous érigeons des barrières psychologiques entre nous-même et le passage à l’action. Quelles sont-elles ses barrières ? La distance géographique et temporelle du problème qui fait que nous ne nous sentons pas vraiment concernés, « la lassitude de l’apocalypse » que l’on nous annonce depuis 30 ans, la « dissonance cognitive » et le « déni » (« si je suis le seul à changer mon comportement cela ne sert à rien »), et enfin l’obstacle de « l’identité » (agir contre le changement climatique nécessite un changement sociétal et politique qui heurte notre modèle actuel).

Ayant pointé ces barrières psychologiques, le chercheur évoque des clés pour en venir à bout. Ainsi, nous pouvons compter sur le lien social et l’effet boule de neige des initiatives individuelles, sur un changement d’attitude et de vocabulaire pour présenter le renouvelable de manière positive, sur la valorisation de nos initiatives écologiques et sur la construction d’un nouvel imaginaire collectif attrayant.

Finalement cette plongée vers le futur, nous laisse entrevoir un homme qui malgré une intelligence décuplée par la technologie, reste soumis à des réflexes profondément… humains ! Et si la plus grande expérience à vivre dans les années à venir était en fait la chute de nos propres barrières psychologiques ? L’homme du futur, bardé de techno et de datas, devra sans aucun doute affronter sa propre réalité… dans un monde qui n’a rien de virtuel.


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